Tour de France 2010 : La Garonne, source de lumière pour Bordeaux
L’antépénultième étape du Tour de France cycliste 2010 relie Salies-de-Béarn (Pyrénées-Atlantique) à Bordeaux. La capitale girondine pourrait prochainement accueillir des hydroliennes pour assurer une partie de ses besoins en électricité. Cette solution « propre » ne manque pas d’atouts et pourrait aussi gagner Paris où la municipalité réfléchit à la faisabilité d’installer des turbines dans la Seine. Le passage des coureurs du « Tour » dans le fief d’Alain Juppé était l’occasion pour nous de revenir sur ce sujet que nous avons traité début mai. Deux mois et demi plus tard, il est encore plus que jamais d’actualité.
Crédit photo : Thomas Sanson - Mairie de Bordeaux
Les océanographes du bureau d’étude Energies de la lune Marc Lafosse et Jérôme Cougoul souhaitent utiliser les courants de la Garonne pour alimenter en électricité le réseau d’éclairage public de Bordeaux. Ce système immergerait donc des hydroliennes sous le pont de Pierre, en plein cœur du chef-lieu de l’Aquitaine. « Où trouverons-nous les 23 % d’énergies renouvelables que nous nous sommes engagés à produire d’ici 2020, si nous ne jouons pas sur toute la gamme (y compris l’énergie des courants et des marées qui peut mettre en mouvement des turbines hydroliennes) ? », s’est récemment interrogé sur son blog le maire de la ville, Alain Juppé.
« La diminution de la largeur du fleuve, induite par les quinze piles du pont de Pierre, engendre un effet entonnoir où le courant s’accélère, passant de 2 à 3,5 m/s », décrypte pour sa part M. Lafosse, selon lequel équiper 10 arches (sur quinze) de cet ouvrage du 19ème siècle permettrait de produire 4,8 gigawatts d’électricité/ heure à l’année, soit l’équivalent de 20% des besoins en lumière des rues bordelaises (!)
Des hydroliennes discrètes et moins coûteuses
Aux dires de M. Cougoul, cette ressource serait par ailleurs « inépuisable et prédictible, la marée étant connue cent ans à l’avance ». Et d’ajouter que « ces installations ne se voient absolument pas car elles sont sous l’eau ». Un atout qui les exempt des accusations régulièrement portées sur leurs cousines éoliennes, pointées du doigt pour leur impact paysager. Pareilles unités présentent un autre avantage de taille : avoir un accès plus proche et plus rapide au réseau électrique alors que le coût d’un kilomètre de câblage offshore a été évalué à cinq cent mille euros.
Prévu pour l’an prochain, ce site d’essais devrait enfin permettre de se faire une idée plus précise des réactions de l’environnement marin face à ces installations sous-marine. « Les pâles tournent lentement, limitant les impacts faunistiques », font valoir les deux océanographes, qui voient au-delà de l’horizon bordelais et espèrent que leur projet sera retenu comme site expérimental national. Vu ses caractéristiques, ils auraient bien tort de ne pas y croire.
par Pauline Baron, Vendredi 23 juillet 2010
Sources : zegreenweb.com
Energies marines - La plate-forme se dévoile

La plate-forme sur les énergies marines, annoncée à Brest, se dévoile. Elle a été présentée hier à Maria Damanaki (ci-contre), commissaire européen aux Affaires maritimes et à la pêche, en visite à Ifremer.
En décembre dernier, François Fillon, Premier ministre, avait annoncé la création à Brest d’une plate-forme nationale sur les énergies marines renouvelables à Brest. Cela faisait suite notamment à un positionnement du président de la Région, Jean-Yves Le Drian, sur le sujet. Maria Damanaki, qui poursuit sa visite aujourd’hui dans les Côtes-d’Armor, sur un volet pêche, a profité hier des développements intervenus depuis décembre. Cette plate-forme, qui a Ifremer comme pilote, sera implantée sur son campus. Elle aura toutefois une structure juridique propre. Cette plate -forme aura trois axes de compétence : recherche, sites d’essais et centre de ressources.

Opérationnels en 2012
L’objectif est que les sites d’essais soient opérationnels en 2012. Certains sont déjà choisis : le Croisic pour les vagues, Bréhat, où EDF s’est lancé, pour les courants de marée. Bordeaux serait positionné pour les courants d’estuaire. Pour tester les plate-formes éoliennnes offshore, le choix n’est pas encore fait entre Groix, Belle-Ile et la mer d’Iroise. Un site serait proposé aussi en Méditerranée. Pour la géothermie, la Réunion a été choisie. Au final, l’hypothèse de quatre sites se dégage plutôt. C’est sur eux que seront testés les démonstrateurs. En mai, on en saura plus sur le résultat de l’appel d’offres lancé nationalement sur le sujet. Et donc sur les projets qui seront aidés financièrement.
Financements
On en sait aussi un peu plus, depuis le dernier conseil des ministres, sur la part du grand emprunt qui reviendra aux énergies décarbonées, 1,6milliard sur les 35 au total. « Une part importante sera consacrée aux énergies marines renouvelables », indiquait hier le préfet de région, Michel Cadot. La dynamique souhaitée va dépendre aussi des coopérations financières montées entre Etat, collectivités et secteur privé. Des montages un peu à l’image de ce que sait faire le pôle de compétitivité mer sur des projets. Hier aussi, l’importance de développer une filière industrielle, synonyme d’emplois, a été soulignée. Des entreprises, notamment dans la navale, se sont positionnées sur des démonstrateurs. Mais l’enjeu sera ensuite de passer la vitesse supérieure.
Vincent Durupt
Sources : letelegramme.com
Des hydroliennes vont pousser sur la Garonne
Après les éoliennes, voici venu le temps des hydroliennes. La ville de Bordeaux, qui emboîte le pas du Grenelle 2 sur l'environnement, compte bien utiliser le courant de la Garonne pour alimenter son éclairage public en installant des hydroliennes sous un pont pour produire jusqu'à 20 % d'électricité. Le projet est porté depuis 2008 par deux océanographes. « Nous espérons que quelques amendements du projet de loi du Grenelle 2 porteront, de près ou de loin, sur l'émergence des énergies renouvelables marines », a expliqué Marc Lafosse, dont le bureau d'études est à l'origine du projet.

Les pales sous-marines transforment l'énergie du courant maritime ou fluvial en électricité./Photo DDM
La filière hydrolienne, dont la technologie en est encore au stade expérimental, a aujourd'hui le vent en poupe mais la France est à la traîne par rapport à la Grande-Bretagne. La compagnie londonienne TidalStream a mis au point depuis 2006 un système d'hydrolienne adapté aux eaux profondes et aux courants marins rapides, pour la production d'électricité.
Pour beaucoup, l'enjeu écologique est indéniable. « Où trouverons-nous les 23 % d'énergies renouvelables que nous nous sommes engagés à produire d'ici 2020 si nous ne jouons pas sur toute la gamme ? », interrogeait récemment Alain Juppé, le maire de Bordeaux, sur son blog. Le potentiel européen de l'énergie hydrolienne est, selon plusieurs études menées il y a quelques années axées sur ce projet d'envergure mondiale, à environ 12,5 GW qui pourraient produire 48 TWh annuels, ce qui représente la capacité de trois centrales électriques récentes. D'après EDF, la France posséderait la deuxième ressource européenne, soit 20 % du potentiel européen, répartis entre la Bretagne et le Cotentin.
« Nous nous sommes intéressés au potentiel de la Garonne », ajoute Marc Lafosse, ancien champion de France de natation qui connaît très bien ce fleuve pour y organiser chaque année sa traversée à la nage. Le raccordement au réseau électrique ne nécessitera pas de nombreux kilomètres de câblage offshore, très coûteux.
système écolo
Une hydrolienne est une turbine sous-marine (ou subaquatique, ou posée sur l'eau et à demi immergée) qui utilise l'énergie cinétique des courants marins ou de cours d'eau, comme une éolienne utilise l'énergie cinétique de l'air. La turbine de l'hydrolienne permet la transformation de l'énergie hydraulique en énergie mécanique.
Source : LaDepeche.fr
Le Monde Magazine : des hydroliennes à Bordeaux

Des Hydroliennes à Bordeaux
Une hydrolienne utilise la force du courant fluvial ou des marées pour générer de l’électricité ? A Bordeaux, la start-up Énergie de la Lune, soutenue par Alain Juppé, propose d’en installer plusieurs l’année prochaine, dans la Garonne, sous le pont de Pierre. Enjeu : 100 kilowatts par hydrolienne. Ce serait une première mondiale dans un estuaire.
Le Monde magazine du Samedi 9 Janvier 2010.
Prospectives de Frédéric Joignot.



